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Comment dessiner un groupe de voiliers

Dessiner un groupe de voilier, c’est d’abord dessiner un groupe, donc voir plus souvent en silhouette qu’en détail.

Ne pas chercher a dessiner des bateaux, mais déconstruire en forme géométriques de base.

Grouper et connecter les formes entre elles plutôt que de chercher à détailler

Se garder d’interpréter, de nommer les objets, regarder les formes, les proportions

Penser silhouette, simplifier les objets dans un premier temps

Ce que j’aime bien en peinture, c’est que le calcul mathématique est plutôt simplifié. On n’est pas en base hexadécimale, ni même décimale, en fait, on compte comme ça : Un, deux , trois, tas.

Donc pour les bateaux, comme pour pas mal d’objets, dès qu’on a un groupe de plus de trois bateaux, on fait un tas !

Un, deux, trois, tas de bateaux.

Et le principe des tas, c’est qu’on ne les compte pas, on ne les différencie pas non plus, c’est un tas, donc on marque juste la forme extérieure.

Et du coup, on essaie de simplifier dès que l’on peut, par exemple, pour ces 3 bateaux ;

on va dessiner le contour du bateau a gauche, isolé, et on va connecter les deux autres bateaux, c’est-à-dire que l’on va dessiner le contour entre l’eau et les bateaux, mais pas entre les bateaux. Hé oui, je sais, vous auriez tendance à vouloir séparer les bateaux, parce que vous savez, vous que c’est 2 bateaux différents. Et vous allez investir beaucoup de temps et d’énergie a essayer de séparer ces bateaux qui, visuellement, sont très proches et dont on ne sait pas toujours très bien ce qui les sépare. Alors on raisonne, avec notre cerveau, on surjoue la séparation, et on obtient un truc artificiel et peu élégant.

En fait, pour savoir que ce sont deux bateaux, il nous faut très peu de choses. Un rectangle posé sur l’eau, avec une proue qui forme un angle suffit pour définir un bateau. Un mat dessus, c’est un voilier. Si on a deux rectangles avec des mats dont l’un est un peu plus haut que l’autre, on va identifier cela automatiquement à deux bateaux. Et pour créer l’impression d’en avoir trois, vous n’avez qu’à rajouter un mat, on va présumer automatiquement que la coque est cachée derrière les deux premiers.

Et dans le lointain, un voilier ca devient quoi ?

Dans des conditions normales d’utilisation, un voilier est posé sur l’eau.

La terre à tendance à être ronde, surtout les jours pairs, ce qui signifie que quand on regarde les bateaux à l’horizon, la première chose qui disparaît à l’horizon ( et sous les vagues), c’est la coque. Donc, plus les bateaux sont loin, plus leur coque est etroite, et très vite, on ne voit plus que la voile.

On ajoute la perspective atmosphérique ( entre autres; plus une chose est loin, plus elle devient petite, sans détails, moins contrastée et bleuâtre.) et on commence a avoir une bonne idée de ce que devient un voilier dans le lointain; un petit triangle gris bleu clair, ou un tas de triangle gris bleu clairs.

Reste la question de notre point de vue. Si on est sur une hauteur, les formes vont nettement moins se confondre, du coup, ça devient une collection de petits bouts de rectangles ( avec des triangles si il y a des voiles).

En passant, on est sur cette image sur une vue “axonométrique” ou “cavalière”, en gros à 45° au-dessus de la scène, et c’est généralement comme cela que se représente votre cerveau gauche ( celui qui raisonne) les choses… gardez la chose à l’esprit quand vous êtes sur la plage et que votre bateau commence à avoir un toit et un fond. ( si vous êtes sur un quai et que vous surplombez le bateau, la , pas de problème, mais vous allez constater que l’horizon sera un peu, ou beaucoup plus haut)


quand on est en avion, en ulm, en levitation, ou dans sa tête, on a tendance a voir les choses de haut, genre 45°.

Bon, donc, comment dessiner un groupe de voilier dans le lointain.

Si vous les dessinez un à un, vous surinterprétez ce que vous voyez ( c’est ce que notre cerveau fait le mieux, il extrapole depuis un minimum d’informations et symbolise, dans la vie courante, ça comporte des avantages, pour le dessin, ça ne nous arrange pas toujours).

Donc, la première chose à faire, c’est de regarder ce que l’on voit vraiment, et constater ce que l’on ne voit pas mais qu’on interprète. C’est là que le débutant pêche, il regarde et il interprète tout de suite en symbolisant et nommant l’objet ( “ce sont des voiliers”) et du coup, il essaie de faire ce que son cerveau sait des voiliers. Le peintre, il s’est lentement habitué à voir aussi les formes et à se concentrer sur celles-ci. Bien sûr, il sait que ce sont des voiliers, mais il décortique ce qu’il voit en formes premières ( c’est un rectangle puis un autre rectangle décalé puis un carré à mi-hauteur…) et en valeurs ( noir, sombre, moyen, clair, blanc).

Donc première chose, déconstruire en formes géométriques simples.

Deuxième chose; simplifier, connecter ; traiter un maximum de chose d’abord comme des silhouettes ( que l’on pourra après éventuellement re complexifier).On ne cherche pas à différencier un bateau d’un autre, au contraire, on les regroupe dans un paquet, selon le critère ” a peu près la même valeur gris clair”.
Une petit démo ?

donc voici une photo, libre de droits, avec trois bateaux. compliqué, intriqué…

Le principe est simple, faire la silhouette des bateaux.


Ben voila, en bleu, la silhouette des bateaux ( je n’ai pas fait celui du fond, et je n’ai pas fait les superstructures, trop laid). C’est plutot simple non?

Tant qu’a faire, je rajoute en même temps les reflets, je sais, ca ressemble pas trop à des bateaux comme ca. Ca ressemble pas a grand chose en fait… pour l’instant. Mais notez bien qu’il y a les proportions et le placement ( les bonnes masses au bon endroit).

alors, si vous faites une aquarelle, ca se complique un peu plus, parce qu’il faut reserver les blancs, donc la grande forme sera beaucoup plus decoupée.

Sinon, pour les autres techniques, on rajoute simplement les blancs sur notre grande forme bleue. vous avez vu que simplement en rajoutant quelques blancs ( au bon endroit) on voit tout de suite mieux.

Et enfin, on rajoute quelques noirs. Vous avez vu, pas de détail, pas de complications, j’ai juste rajouté les plots. en fait, je pense forme, pas objet ( pas bateau), et je groupe un maximum ( on pourra toujours compliquer /préciser/détailler plus tard ( sauf bien sur a l’aquarelle, il vaut mieux prévoir avant).

Donc on résume;

  • 1 grosse masse grise patatoïde.
  • des blancs
  • des noirs

a partir de là, on peut toujours raffiner, plus de détails, plus de valeurs… l’essentiel, c’est de partir de la masse

Comment faire du vert a l’aquarelle

Bah voilà vous avez acheté une petite boîte d’aquarelle et dedans il y a 2 verts; un vert de vessie et un vert de Hooker. Et comme vous et vous les avez acheté forcément c’est que ça va être utile et même indispensable pour faire des verts. mais quand vous les posez sur une feuille de papier, Ça ne fait ni beau X ni ressemblant. Et donc, simple réflexe, vous vous dites ; vous avez acheté à des professionnels ils ont forcément vendu quelque chose de très bien, donc le problème c’est vous, vous n’avez pas de talent.

En fait, ce serait presque le contraire; si vous aimez les verts du commerce, je vous engagerais à bien regarder les verts des grands maîtres, et de la nature, et de bien observer les nuances.

Si vous n’aimez pas les verts du commerce, vous etes plutot sur la bonne voie. vous comprenez que ce n’est pas satisfaisant. Reste que vous ne savez toujours pas comment faire des verts qui vous conviennent.

Dans les lignes qui suivent, je vais vous expliquer deux trois trucs pour mieux voir les couleurs, trouver les bonnes couleurs, mieux faire vos mélanges.

Je vous fais un petit résumé :

pour faire des verts vivants à l’aquarelle :

  1. Analyser la couleur de base selon trois critères.
    1. chromie, un bleu plutôt rouge ou plutot vert ?
    2. saturation, intense ou terne ?
    3. valeur, ton, sombre ou clair ?
  2. Comprendre les effets des verts
    1. psychometrie des verts
    2. relativité des couleurs
  3. Preparer la couleur
    1. plutôt que les couleurs de base, privilégier le mélange de deux couleurs, un bleu et un jaune. Plus de bleu si on veut un vert sombre, plus de jaune si on veut un vert clair. Bien gardez à l’esprit qu’il n’y a jamais une seule nuance de vert, c’est la variété des verts qui les rend vivants et naturels.
    2. Mettre au point le mélange sur sa palette, en petites quantités, en commençant par la couleur la plus claire ( le jaune donc).
    3. Une fois que vous approchez la bonne formule, préparez en plus que nécessaire, en les mélangeant le moins possible sur la palette .
  4. poser la couleur
    1. Pour encore mieux faire vivre ses verts, laissez les se mélanger sur la feuille plutôt que dans la palette.
  5. Connaitre ses verts

Les verts du commerce

Ce que vous trouvez dans votre boite toute faite

Je ne sais pas trop pourquoi ils continuent à mettre ces couleurs là dans les boîtes déjà faites, le blanc de chine, le noir, le bleu de prusse, les vert de hooker, le vert de vessie… ca fait pas mal de couleurs pas si utiles que ca. La tradition sans doute. le coût aussi.

Vert de vessie :

Il y a environ 351% de chances pour que dans votre boite, il y ait du vert de vessie. ( selon un sondage fait entre 14h et 14h02 sur un échantillon représentatif de 1 boite d’aquarelle par l’institut de sondage OPIF)

Le vert de vessie est un verre un peu jaune on va dire un vert chaud.

Donc, quand on débute, avec sa boite toute neuve, c’est forcément le vert de la pelouse, du haut des arbres…

Mais vous trouvez cela un peu plat, même en mettant plus ou moins d’eau, pour faire plus ou moins clair, ca reste fadasse.

Le pas suivant, c’est de mélanger d’autres couleurs dedans, pour réchauffer le ton ( avec du jaune par exemple), ou l’assombrir avec du bleu outremer, ou d’autres choses. Et voila, c’est moins plat, moins ennuyeux.

Vert de hooker

le vert de hooker et un vert froid c’est-à-dire qu’il contient du bleu qui est plus froid que le jaune .

c’est un vert teintant, c’est-à-dire qu’il va rapidement teinter le papier et qu’il va être difficile à enlever une fois posé.

On l’utilise ( enfin, vous surtout) pour les verts à l’ombre et les verts sombres. Il reste longtemps transparent.

Comme le vert de vessie, il reste artificiel et plat.

Et comme le vert de vessie, si on lui mélange d’autres couleurs, ca se passe mieux.

Pourquoi les verts de vessie et de hooker, c’est mal ?

Ce n’est pas tant les couleurs qui sont en cause mais l’usage qu’on en fait.

En fait on a toujours ce réflexe de chercher la couleur et une fois qu’on l’a trouvé de l’appliquer partout. Mais dans la nature il n’y a pas une couleur il y en a …trop. En tout cas un peu plus que seulement le vert de vessie et le vert de hooker.

Alors généralement quand vous êtes débutants vous vous dites si on a mis là c’est 2 verts c’est que ça doit être ce qu’il me faut.

le raisonnement du vendeur des couleurs et un peu différent. il se dit que les débutants vont être plutôt tenté pour avoir quelque chose de très simple et de déjà fait c’est-à-dire un verre plutôt chaud qui tend vers le jaune le vert de vessie et un verre plutôt froid qui tend vers le bleu le vert de hooker. il se trouve que ces deux verres sont très facile et économique à produire donc a priori ça arrange tout le monde.

mais dès qu’on a le il y a un tout petit peu exercé, on voit plusieurs petits soucis :

  • ces couleurs là une fois sèche sont plutôt fades et plates.
  • elles font artificielles, bien sûr elle se rapproche du paysage mais c’est quand même très loin de la vraie couleur que l’on voit.
  • c’est une solution de facilité qui est plus une impasse qu’une béquille parce que vous allez vouloir rester dans le système et du coup vers paraîtront bizarres.
  • et votre pelouse durera toujours un petit peu avec le ciel et les maisons autour pour une raison très simple ce sera une couleur différente du ciel et des maisons donc elle ne s’harmonisera pas.

alors la meilleure solution c’est de jeter ses deux tubes à la poubelle mais je vous connais vous n’allez pas faire ça en tout cas pas tout de suite.

alors ce que je vous propose c’est de continuer à les utiliser jusqu’à la fin du tube mais à chaque fois de les mélanger un petit peu avec un bleu un jaune voire même des oranges et des rouges.

vous allez voir alors que votre verre super plat va prendre plus de dimensions.

bien sûr quand je dis mélanger ne fait pas un mélange homogène on est pas des peintres en bâtiment il ne faut pas une seule couleur unie on peint la nature et la nature n’est pas uniforme. donc mettez des accents de plus jaune de plus bleu ou de plus rouge. la meilleure méthode c’est quand la couleur n’est pas encore sèche de rajouter par endroit on imite sur humide un peu de l’autre couleur vous allez voir ça va donner du relief à votre peinture.

A ma gauche, vert Olive, a ma doite vert de vessie. chacun est mélangé avec un peu de bleu ceru en haut, puis du jaune de cadmium, puis de l’orange de cadmium.

Quelques autres

Vert phtalo ( différent selon les marques)

Vert Winsor nuance bleue (Vert phtalocianine tendance bleu, marque winsor & newton)

Vert Winsor nuance jaune(Vert phtalocianine tendance jaune, marque winsor & newton)

Viridian

Le vert viridian est un vert bleu peu teintant

Analyser la couleur de base selon trois critères.

La chromie

Voilà un mot très savant pour parler de la couleur. en fait quand on parle de chromie on se demande simplement si le vert tire un peu vers le bleu ou un peu vers le jaune. on vient de voir par exemple qu’il y a 2 sortes de verts Winsor, un à tendance bleue et l’autre à tendance jaune.

Donc en pratique on regarde simplement si l’arbre où la pelouse contient plutôt du bleu ou du jaune si le vert se rapproche du vert de hooker (plutôt bleu) ou du vert de vessie (plutôt jaune).

Bien sûr et on le verra un petit peu plus tard la chromie de la couleur est très relative un verre ce sera plus bleu qu’un un autre et plus jaune qu’un 3e. on a tout de même tendance à considérer qu’un vert qui ne sera ni jaune ni bleu s’approchera plutôt du verre de cobalt

saturation, intense ou terne ?

La saturation c’est simplement est-ce que c’est intense où est-ce que c’est terne est-ce que c’est pâlichon où est-ce que c’est très flashy .

En termes plus scientifiques, la saturation est definie par la pureté colorimetrique, que l’on peut calculer comme étant la luminance de la radiation colorée divisée par elle-même et la luminance de la radiation blanche dans la couleur. en gros : pc=li/li+lbi.

S’il vous reste un cachet d’aspirine ( pardon, d’acide acetisalicylique, vu comme on est parti dans l’ampoulé) j’vous cause de couleur metamère. bon, pour une prochaine fois alors…

La saturation maximale d’une couleur, c’est quand elle est pure ( en fait, pas tout à fait, il y a une courbe d’intensité de la couleur selon la dilution, qui monte un peu puis redescend très vite… on en parle un peu plus loin?).

Une couleur désaturée est grise ( claire ou sombre)

Toutes les couleurs ne sont pas aussi intenses bien sur les unes par rapport aux autres.

Le piège, c’est que souvent, on va confondre clarté ( valeur claire ou sombre) et intensité ( gris ou saturé); une couleur va paraitre plus claire qu’elle n’est simplement parce qu’elle est plus intense.

Un vert viridian et un vert de mai en dessous. Sur un petit extrait des deux couleurs, le vert de mai semble plus clair et intense. en fait, il est plus intense, mais plus sombre, si on regarde les deux en noir et blanc. si vous revenez sur les échantillons couleur, vous remarquez mieux que le vert de mai est un peu plus sombre finalement. C’est la bonne nouvelle, plus vous allez prêter attention a non seulement l’intensité, mais aussi la valeur, plus vous allez être capable d’éviter le raccourci trompeur de votre cerveau.

valeur, ton, sombre ou clair ?

La valeur d’une couleur c’est sa clarté. On parle aussi de ton. ton sombre ou clair.

Là non plus, tous les verts ne sont pas égaux, et ne sont pas toujours très aisé à identifier, surtout qu’on le verra plus tard, ca dépend aussi de la couleur de l’entourage.

Bref, savoir determiner la valeur ( le degré de clarté) d’une couleur est essentiel à la lisibilite de l’image, mais demande de la pratique et de l’entrainement

Les mélanges

Les mélanges courants

Comment je selectionne mes pigments

Vous le savez, le vert c’est en fait un mélange de bleu et de jaune.

Bien sûr il y a plein de jaunes et plein de bleus et c’est ça le problème : lesquels choisir?

Perso, je regarde les pigments en pensant à leur transparence, leur saturation, leur teinte chaude ou froide … et bien sûr, à ce que je veux faire. En fait, pour chaque couleur j’etudie les points suivants :

valeur

chromie

saturation

transparence

granulation

texturation

pouvoir teintant

fluidité

chaud/froid

vous allez me dire, s’il faut penser à tout cela en peignant, c’est compliqué ! Et vous aurez raison, c’est pour cela que l’on fait ses gammes de vert en avance. et que l’on essaie d’avoir le minimum de couleurs qui marchent bien ensemble. Moins on a de couleurs, plus on les connaît, et plus on connaît leur réactions.

Pour rendre l’exercice un peu plus concret, on va prendre un objet généralement vert, un camion de pompier ou un arbre, au choix. vous choisissez l’arbre?

Comment faire les arbres

Tous les arbres sont très différents donc en fait à chaque arbre il faut regarder la forme qu’il a, la valeur qu’il a c’est-à-dire est-ce qu’il est clair est-ce qu’il est sombre et surtout où est-ce qu’il est clair et où est-ce qu’il est sombre et enfin déterminer sa ou ses couleurs de base.

Pour un sommet d’arbre au printemps, quand les feuilles au soleil sont presque chartreuse, transparentes, je prends un jaune transparent ou hansa ( ou un jaune de cadmium très léger) et je le verdi avec un turquoise clair ou un cyan ou un bleu de cobalt, pour l’ombre, je mets en plus du bleu outremer et même de l’alizarine.

Place ST Pierre, Bordeaux. de haut en bas ; Jaune de cadmium, turquoise clair, puis bleu cobalt, orange cad, puis bleu outremer. Notez que l’orange, plus rouge que le jaune permet de donner un relief au feuillage , et s’harmonise avec les bâtiments.

pour des bas de buisson, je prends du bleu outremer avec un jaune, parfois même un orange de cadmium ( ce qui donne une couleur vert grisâtre très sombre, avec un danger de faire de la boue)

Pourquoi les mélanges c’est mieux ?

Comment faire ses mélanges

La méthode scientifique

Mélange par compte goutte ?

bon, faut quand même en parler, mais dans la vie de tous les jours, c’est pas une solution. Donc le principe, c’est qu’on dose au goutte à goutte notre mélange. Le léger biais de ce procédé, c’est que les aquarelles sont plutôt solides, donc pour en faire des gouttes, il faut… les diluer , avec plus ou moins d’eau, selon la couleur, la marque, le taux de gomme arabique… du coup, la validité scientifique du procédé… sauf a faire cela avec de l’ecoline, mais l’ecoline n’est pas vraiment de l’aquarelle. ( si vous êtes illustrateur et n’avez pas le souci de conserver vos aquarelles dans le temps, l’ecoline, c’est bien).

Le méthode en pratique

Comment faire des verts Tester sur sa palette comment faire des verts
  1. Faire un petit bout d’essai
    1. nettoyez un bout de votre palette.
    2. posez la couleur la plus claire ( le jaune par exemple) dans un coin nettoyé
    3. posez l’autre couleur ( on va dire un bleu cobalt pour l’exempe) dans le coin opposé.
    4. poussez un peu de jaune au centre de la zone, puis poussez un peu de bleu ( un peu moins que de jaune), melangez rapidement.
    5. si le mélange est trop jaune, remettez un peu de bleu, si trop bleu, remettez du jaune, si c’est trop sombre, ce n’est pas grave pour l’instant, vous ajouterez de l’eau sur la feuille ou a la fin du melange. Si c’est trop clair, il faut rajouter un peu des deux…
    6. prendre un petit pinceau, ou un couteau a palette, moins vous aurez d’eeau et de restes de pigment dans votre pinceau, mieux vous pourrez melanger. donc bien sur, bien rincer et essorer son pinceau
  2. Si on part sur une mauvaise piste, reprendre à côté
    1. Quand je mélange, je ne reprends qu’une partie du mélange précédent, sinon, je finirais avec des quantités zindustrielles
  3. Quand on est content, faire cela en production industrielle
Tester sur le papier
Moins on mélange, plus ca vit

Pourquoi ca ne marche pas

Le syndrome de la moquette.

C’est un grand classique. En extérieur on me demande “alors de quelle couleur est est l’herbe ? “Je préfère me poser la question quelles sont les couleurs qu’il y a dans l’herbe.

Dans la nature, la moquette s’appelle la pelouse et elle n’est pas unie. donc même si on choisi dans le catalogue une couleur particulière on peut être certain qu’il va y avoir plein de variations, Des variations de couleurs et des variations de valeur.

donc, a chaque fois qu’il faut que je fasse un vert, ou même une autre couleur, je prends une couleur de base, et je la décline en plusieurs nuances, plus rouge, plus bleue, plus sombre, plus… selon ce que je vois devant moi. C’est valable pour les pelouses comme pour les arbres, comme pour le reste.

Dans le rectangle gris, quelques échantillons de couleur directement prélevés de la photo.

La valeur avant la couleur

On cherche toujours la couleur exacte, mais une des composantes des couleurs , c’est la valeur ( ou le ton; c’est à dire “à quel point c’est clair ou sombre”). C’est même une donnée essentielle, plus importante que la couleur, et c’est compréhensible; si une couleur n’est pas du bon ton ( trop claire ou trop sombre, ce n’est pas la bonne couleur, et cela paraîtra beaucoup plus faux que si la couleur est un peu trop jaune ou un peu trop bleue… ce qui peut parfaitement arriver.

le trop plus mieux est l’ennemi du bien

Si vous juxtaposez un rose fluo, un vert fluo, un jaune fluo, on ne saura plus où donner de la tête. Si vous les séparez par une bande grise, chaque couleur ressortira mieux, et si vous ne mettez qu’une couleur fluo et que vous l’entourez de gris et de couleur ternes, elle flashera.

C’est un principe bien connu des peintres et popularisé par Jane Dobie sous le nom de “couleur joyau”; pour qu’une couleur soit en valeur, comme les bijoux, il lui faut un écrin. Et ce n’est pas l’écrin qui doit attirer l’attention et la lumière, c’est le joyau, ou la couleur joyau.

au centre de ces trois carrés, le même vert. Avec un gris sombre, le vert parait plus lumineux qu’avec un gris clair, et avec un rouge, il est brouillé, le rouge nous frappe trop, et le bord entre rouge et vert vibre desagréablement.

Les verts difficiles à faire soi-même :

Le vert turquoise clair :

A l’acrylique ou à l’huile, c’est relativement simple, un vert bleuâtre et un bleu ( plutôt verdâtre) plus du blanc.

A l’aquarelle, c’est plus délicat. Le principe reste le même, un vert bleuâtre ( vert phtalo nuance bleue) et bleu verdâtre ( bleu phtalo nuance verte), mais ca va faire sombre. avec de l’eau, ca n’aura pas l’intensité désirée. On peut aussi rajouter du blanc de chine, avec le risque que cela devienne boueux. Mais il y a dans le commerce des couleurs toutes faites ( turquoise clair)

le vert émeraude :

Le vert émeraude se mélange bien avec pas mal de couleur, il est transparent, pas très teintant. Assez proche pour être confondu, le vert viridian ( selon les marques

le vert de mai :

attention, lunettes obligatoires


Vert cinabre clair

voila encore un vert qui fait mal aux yeux.

le vert doré ( green gold) :

oui, c’est plus un jaune qu’un vert

L’or quinacridone (quinacridone gold ) :

Tout seul, il est très bof. Par contre, il permet de faire des verts sombres très intenses. donc je l’utilise pour faire les feuillage à l’ombre.

vert olive :

voilà une couleur qui toute seule, n’est pas exactement sexy. Par contre, elle se marie bien avec pleins d’autres couleurs pour faire des pelouses vraisemblables.

Mes recettes préférées

Verts sombres :

quinacridone gold ( jaune sombre lumineux) + bleu phtalo + Alizarine cramoisie

souvent, je prends les mêmes couleurs qui m’ont servi à faire le reste de l’image, pour des raisons d’harmonie, un jaune de cadmium léger ( trop lourd, il devient opaque, boueux) sur le pourtour et en haut des objets ( le plus clair) un bleu outremer pour verdir et assombrir, et un alizarine cramoisie pour assombrir encore.

Or quinacridone avec bleu outremer, deux dosages differents.

Vert tendre

jaune cadmium (si léger, reste transparent), azo, hansa… et un turquoise clair. Ce mélange devient très rapidement opaque si vous en mettez trop. on peut aussi tenter un vert olive, un green gold

Vert clair

bien sur, la base, c’est du vert, avec de l’eau. Mais quand c’est clair, dans la nature, c’est souvent parce que le soleil joue dessus. Et donc je mets toujours un peu de jaune dans le clair ( et un peu de bleu dans l’ombre)

Vert crédible

on cherche souvent a faire un vert trop intense. notre oeil est sensibilisé aux verts ( voir psychométrie de la couleur) et donc on les perçoit toujours plus vifs qu’ils ne sont. du coup, quand on fait la pelouse, elle va être un peu bizarre par rapport au reste. La bonne nouvelle, c’est que, notre oeil étant sensible aux verts, si on fait les verts moins intenses, mais en harmonie avec le reste de l’image, nos verts ressortiront tout de même. Privilégiez donc l’harmonie du tableau et ne vous laissez pas tromper par votre cerveau.

Bien sur, le vrai résultat, a l’aquarelle, ne se juge qu’une fois l’aquarelle sèche ( et elle sera plus claire une fois seche).

Vert feuille de rosier

pour les feuilles de rosier, j’ai plutôt un jaune de cadmium et un bleu de cobalt, mais je lui met des touches d’orange ou de bleu outremer.

Pour les feuilles sombres, j’ajoute à mon vert du rouge ou de l’alizarine ( feuilles plus lointaines).

Comment faire du vert turquoise clair

La meilleure réponse reste… avec du vert turquoise clair. Malgré tout, on peut faire quelque chose avec un peu de bleu (plutot tendance verte, genre cyan, phtalo tendance verte ( difficile a gerer, trop teintant) un bleu ceru et du vert emeraude et comme il n’y aura pas de blanc dedans, ce mélange sera plus transparent.

Pour un vert cyprès, utilisez un orange plus du bleu outremer et de l’alizarine cramoisie ( une pointe).

Le vert olive : c’est plus un gris qu’un vert, prenez l’ocre jaune et le bleu outremer, et beaucoup d’eau’

Le vert olive de winsor et newton est un tres joli vert qui me sert à faire… le jaune des prés ( avec de l’eau)

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voilier caboteur

voici une video en 4 parties d’une démo d’une aquarelle de voilier. C’est une demo faite en temps reél .

 

la seconde partie :

la troisieme partie :

la quatrieme et deriere partie :